François d’Assise et Padre Pio, visages de l’Amour qu’est Dieu

Frère Jean-Dominique Dubois, ofm

Le 28 Août 2018


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Saint François d’Assise, frère universel au succès incontesté au sein de l’Église, offre au monde un héritage immense à travers théologie, littérature, art et œuvre sociale. Sa modernité n’a pas une ride. Sa vie ne cesse d’interroger. La fameuse prière dite de Saint François d’Assise « Seigneur, fais de moi un instrument de paix » si couramment reprise n’est pourtant pas de lui. On ne prête qu’au riche ! Or sait-on que François d’Assise voulut vivre sans rien en propre, illustrant parfaitement l’affirmation de saint Paul à propos du Christ : « De riche qu’il était il s’est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté. » 2 Cor 8, 9

 

Présenter la figure du célèbre capucin de la région des Pouilles en Italie du Sud est plus délicat. Nous sommes encore trop proches dans le temps. Né à la fin du 19° siècle et mort en 1968, ce fils de Saint François d’Assise laisse rarement insensible. Padre Pio bouscule par son envergure. Ses nombreux charismes, parfois mal présentés, ont pu masquer son vrai visage. Il est à l’initiative d’un hôpital des plus performants d’Italie où l’on veut soigner la personne humaine  dans toutes ses dimensions, sans compter les milliers d’âmes réconciliées avec Dieu. Prêtre aux stigmates vivant une vie de souffrances à vous décourager les plus aguerris, il est l’homme de la plus grande tendresse et humilité. Il aurait voulu bâtir son hôpital en or s’il l’avait pu car pour lui tout malade c’est « Jésus deux fois ».

 

Francesco, le fils de Pierre Bernardone nait à Assise en 1181 au cœur de la magnifique région de l’Ombrie en Italie centrale. Francesco Forgione nait en 1887 dans la région très pauvre de Bénévent au sud de Naples, prenant en religion le nom de Pio. L’un est de la classe montante, les commerçants ; l’autre, de la paysannerie la plus pauvre.

Au-delà des différences de situation une même vie coule en eux à flot et irrigue leur existence, la vie de l’Évangile. À cette école nul clone ni copier-coller les uns des autres, mais des hommes rayonnants de la lumière du Créateur. Il existe entre le Petit Pauvre d’Assise et le jeune prêtre capucin stigmatisé du Gargano une connivence d’âme. Tout homme est reçu en frère. À tous ils manifestent ce sans quoi toute vie humaine ne peut trouver sa plénitude, ce sans quoi bien des réussites humaines peuvent tourner à la catastrophe. « Sois aussi bon qu’on le dit de toi » interpelle un jour un paysan à l’adresse de François d’Assise. « Si vous n’apportez pas l’Amour à vos malades je crains que vos médecines ne servent pas à grand chose » disait Padre Pio au personnel soignant de sa Maison du Soulagement de la Souffrance.

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L’homme dépasse l’homme et trouve sa plénitude dans la source de la Vie véritable qu’est Dieu révélé en Jésus Christ. Saint François d’Assise et saint Pio de Pietrelcina se tendent la main à travers les siècles pour témoigner de la beauté de l’homme, de sa bonté et sa merveilleuse destinée divine quand l’homme se laisse saisir et accomplir en Jésus Christ. Leur cri commun est le même : Mon Dieu et toutes choses en lui.

Qui dénombrera les personnes simples ou illustres de tout temps comme les œuvres héritières de ces deux saints, pères et fils autant que frères, qui par une même illumination divine et christique ont cherché à humaniser le monde ? Comme dit Dieu à Abraham en face de la descendance promise aussi nombreuse que les étoiles du ciel : « Regarde les et compte les si tu peux ... » Gn 15,5

aie© Fr. Jean-Dominique 2017