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La catéchèse d’adultes aujourd’hui ? ...


Dans un contexte nouveau, du neuf et de l’ancien en catéchèse

                                                                      Article paru dans la Revue MessAJE,N° 60 Pâques 2013

                                                                      Jean-Dominique DUBOIS, ofm, prédicateur et catéchète d’adultes

Introduction

Connaître les situations humaines dans lesquelles nous catéchisons des jeunes ou des adultes demeure en tout temps une exigence d’authenticité. Les générations actuelles évoluent très vite. L’épiscopat français publie en 1979 un Texte de référence pour la catéchèse (1). En 2006 ce document est supplanté par un Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France(2). La Lettre aux catholiques de France(3) l’a précédé en 1996 et le rapport de Monseigneur Claude Dagens, Entre épreuves et renouveaux, la passion de l’Evangile(4), lui fera suite en 2009. Succession de textes officiels, en un temps relativement court pour un sujet aussi important, signe de la nécessité d’une adaptation continuelle et de la difficulté de se situer dans un monde en perpétuelle mutation pour répondre à la mission de catéchète. A contexte nouveau, orientations nouvelles, dispositions et parcours nouveaux… L’exigence est double. Il faut apprendre à connaître John et l’anglais pour enseigner la langue de Shakespeare.

Soleil couchant

Saisir les mutations contemporaines peut risquer de nous focaliser sur des symptômes de mutations ou de manifestations fortes, mais peut-être brefs ou trop circonstanciés dans le temps. Le danger est de prendre les symptômes pour des courants de fond. Au-delà il y a des constantes cachées, non dites ou occultées, qui perdurent parfois longtemps, soubassements de comportements ou d’orientations des personnes et des sociétés. L’évangélisation et la catéchèse doivent atteindre à terme ces structures fondamentales des comportements. Les pères de l’Eglise les appellent structures de l’âme, les sociologues structures de pensée ou de fonctionnement politiques et sociales. Menée par des andragogues, une analyse pertinente de ces « mécanismes » de structures de fonctionnement se lit volontiers dans Formation chrétienne des adultes(5).

Parler d’orientations nouvelles en catéchèse ne doit pas nous faire oublier que la catéchèse est un art. L’art se doit d’exprimer et transmettre ce qu’il y a de plus beau et de plus profond en l’homme, sans le dénaturer. La maîtrise d’un art n’est jamais acquise. Elle est une conversion permanente de l’être, une disponibilité et un apprentissage constants. Sait-on combien Léopold Mozart fit travailler son génie de fils, Wolgang Amadeus, et combien ce dernier ne cessa d’œuvrer pour arriver à des œuvres dignes de la beauté de ce qu’il percevait ? Mais c’est Mozart que l’on joue encore aujourd’hui et toujours.

Pour œuvrer aujourd’hui en catéchèse risquons de relever quelques grandes constantes marquant actuellement notre société occidentale, surtout française. Pointons quelques exigences pouvant apparaître fondamentales pour la catéchèse aujourd’hui. Tout cela se croise et se conjugue. On ne les distinguera que pour mieux les unir. Nous le ferons en écho à ce que le père Jean-Marie Beaurent(6) met en valeur dans son excellent article A l’écoute de la tradition catéchétique(7). L’auteur note, fort à propos, ce qu’est un mythe. Non point ce qui est irréel ou inventé pour exprimer un rêve ou une croyance, comme le voudrait l’acception devenue courante. Il s’agit plutôt d’un système de représentations cohérentes d’une société donnée pour habiter la création, être au divin, aux autres et à soi. Toute société a sa mythologie, qu’elle le veuille ou non, et son système de transmission pour sa survie. Notre société occidentale a sans doute sans le savoir sa mythologie forgée à l’aune de ses soubassements philosophiques. Alors qu’elle croit avoir remisé toute mythologie au musée des antiquités, la laïcité française a ses soubassements, son histoire, ses textes de références, son « sanctuaire républicain » (l’école), ses valeurs et son système de transmission qui fonctionnent encore assez bien. Gare à ceux qui voudraient que la laïcité soit positive, c’est-à-dire ouverte à un autre monde ou paradigme de pensée…

L’athéisme moderne est mort d’après Philippe Nemo(8). Est-ce si vrai ? Pour le moins nous sommes à un croisement entre la modernité, marquée par l’absolu de la raison ayant abouti à l’athéisme idéologique contemporain, et la postmodernité dont on ne voit guère les futurs contours. Quoiqu’il en soit, après les pluies de tempête il faut du temps pour que les sols ravagés par les ouragans et détrempés par les eaux soient véritablement à sec afin de pouvoir œuvrer nouvellement. L’athéisme est peut-être mort, mais ses modes de fonctionnements n’en finissent pas de mourir.

Les soubassements de notre société ne contribuent-ils pas à former - non pas à proprement parler une civilisation - mais un système de références de type mythologique qui ne cesse de marquer notre agir et notre façon commune de penser. Héritage qui domine toujours nos sociétés occidentales, particulièrement en France, de façon totalisante, pour ne pas dire totalitaire. Les défis à relever sont à la mesure du contexte si nous voulons faire œuvre pertinente de catéchèse.

 

1.      Notre monde contemporain, athéisme pratique et théorique

Jean-Paul II, par sa culture et sa nationalité, avait une expérience brûlante de ce monde de l’athéisme contemporain. Grand penseur formé à l’aune de toutes les philosophies de son temps, Karol Wojtyla ne cessa de parler de cette tentation qui envahit l’Occident depuis deux siècles et plus. La métatentation, disait-il, qui est de se construire sans Dieu. Les multiples racines sont plus ou moins lointaines dans le temps. Cette métatentation a pris en Europe occidentale un visage dont voici quelques traits.

1)     Le consumérisme des « trente glorieuses »

Cette période des années 1945 à 1973 marque profondément l’Europe sortant de trois guerres successives. Elle traduit sans doute la volonté farouche d’en finir avec de tels conflits mondiaux. Les découvertes scientifiques, réalisées malheureusement au cœur de conflits sanglants et mises à leur service, sont désormais reprises pour la paix et le développement des peuples. Plein emploi, élévation considérable du niveau de vie, paix entre les nations européennes et solidarité économique organisée font de l’Europe une puissance mondiale. Le ressort en est l’économie de consommation. Là, l’Europe n’a-t-elle pas commencé à perdre véritablement son âme, celle-là même qui avait motivé ses fondateurs pour la réconciliation entre les peuples ? Le consumérisme devient roi. La foi est reléguée peu à peu au rang des mythes, au sens de l’irrationnel et de la non-vérité suivant une acception courante de la philosophie contemporaine. La religion est rangée au rayon des options privées. Elle n’apportent aucune des jouissances tant recherchées. L’économie prend le pas sur le politique pour un produire toujours plus en vue d’un consommer toujours plus. C’est la très célèbre « relance de la consommation » qui devrait, dit-on aujourd’hui encore, nous sortir de l’impasse.

Marché

Cette période n’est-elle pas une fuite en avant ? Au nom des sciences et des techniques posées comme l’horizon absolu de la pensée, on échappe ainsi à une remise en cause fondamentale. En effet, cet absolu de la raison, hors de la foi, n’est-ce pas lui qui a conduit les nations européennes à s’affronter de façon si cruelle ?

Ce modèle dominant, de type consumériste, est mis à mal par les crises actuelles marquées par l’endettement catastrophique de notre zone euro (9). Stephen Green, grand banquier londonien et ministre de l’Eglise anglicane, invite avec tant d’autres, à y réfléchir (10). Malheureusement le consumérisme est ancré dans nos mentalités et nos agissements. Il nous rend sourds à toute parole qui inviterait au réalisme et à des solutions drastiques autant qu’à la solidarité. N’est-il pas devenu impossible pour un politique en France de parler vrai au bon peuple d’Henri IV ?  

                               

2)    L’homme est mort puisque Dieu n’existe plus

Cette évidence ainsi formulée n’a rien d’évident pour un citoyen européen formaté par au moins deux siècles d’athéisme. Monseigneur Danneels pointait cette évidence dans son ouvrage de dialogue avec Gwendoline Jarczik (11). Il cite Nietzche et Dostoïevski qui annonçaient l’explosion de violence et d’érotisme à venir, conséquences de la mort philosophiquement autoproclamée de Dieu. Marx, Freud, Nietzsche, Feuerbach et tant d’autres philosophes ont voulu libérer l’homme de la religion perçue comme une entrave à la véritable liberté. La critique fut telle que Dieu en est mort et l’homme a perdu ses fondements. La violence a surgi de partout. Elle ne cesse de continuer de nous envahir… Ces puissantes idéologies ont montré leur vacuité par deux guerres mondiales et l’horreur de ce que l’homme sans Dieu a été capable d’accomplir. Les conflits du 20° siècle liés à l’athéisme ont fait plus de morts que toutes les guerres de religion - ce qui n’excuse pas ces dernières. Les martyrs chrétiens de ce siècle sont plus nombreux que tous ceux des siècles précédents. Les idéologies sont mortes mais leur venin continue de fonctionner comme les anesthésiants après une lourde opération… L’homme abandonné à un vide abyssal (12) n’a plus qu’à proclamer que tout est relatif et qu’il suffit de s’éclater dans le présent pour jouir chacun à sa manière… « Culture de mort » dira Jean-Paul II (13) La mode vestimentaire et la décoration intérieure sont au noir. L’éducation nationale ne cesse, en vain, de réformer l’école pour ne fabriquer, semble-t-il, que des « crétins » (14) puisque les fondamentaux de l’homme ont volé en éclat. Le sol se dérobe sans cesse sous les pieds des décideurs nationaux. La police fait donc son entrée dans les collèges et les lycées pour canaliser la violence. L’état se doit de légiférer en tout et pour tout afin de réguler cette violence qui se ghettoïse ou se joue plus sournoisement dans le sexe ou la drogue. Pour calmer l’angoisse du peuple les politiques en sont réduits à promettre, à défaut du pain et des jeux, des lendemains illusoires de consommation, le seul langage audible aux citoyens héritiers des trente glorieuses. A cette fin ils n’hésitent pas à mentir sur la réalité de notre système économique qui laisse toujours plus de côté des millions de personnes et s’approche chaque jour irrémédiablement du précipice d’une dette non remboursable. Comment pallier autrement l’absence d’une transmission d’authentiques valeurs humanisantes, structurant le petit d’homme à vivre en frère avec son semblable dans un monde de cohérence et d’harmonie qui accepte de se recevoir de Dieu ?…


3)    Docteur Freud au secours de l’homme sans Dieu

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L’absence de père, puisque celui-ci doit être tué afin d’advenir à notre véritable humanité, laisse les enfants de ce monde dans une angoisse mortelle. Marie Balmary a pu analyser le freudisme en osant affirmer de façon iconoclaste : « Freud a inventé le complexe d’Œdipe pour tuer la conscience personnelle. » Ce à quoi lui répondit Maurice Clavel : « Nous avons eu la peau de Marx, il nous faudra avoir celle de Freud… » Puisqu’il n’y a plus de Dieu Père, il n’y a plus de péché. L’homme est seul face à sa culpabilité et se doit de gérer les profondeurs de ses profondeurs. Les psychologues se sont substitués aux prêtres, non forcément de leur propre chef mais plutôt par défaut, non pour absoudre, guérir et donner une Parole fondatrice, mais pour écouter et aider les personnes à gérer leurs blessures et leurs conflits intérieurs. Ce qui est loin d’être négligeable, mais bien insuffisant (15)… Il me revient tout de même ce mot terrible d’un de mes enseignants en éthique, lacanien s’il en était : « après une psychanalyse, on retourne à ses yoyos ou on se suicide. » Boutade ou réalité ?...

Il ne s’agit pas ici de négliger les bienfaits des sciences psychologiques ou sociales mais de réaliser que leurs fondements ou leurs pratiques peuvent tendre à s’autoproclamer vérité absolue au nom de ce dieu vaincu et évacué du champ de la science parce que déesse Raison est seule à présider à toute recherche de vérité digne de ce nom…

Le taux de suicide en France(16) et la consommation d’anxiolytique (17) devraient faire réfléchir, entre autres, aux limites du « tout psychologique » ou du moins à sa survalorisation comme au consumérisme pour seul horizon d’avenir.


4)    Quand un autre totalitarisme tend à s’imposer : l’absolu de l’absence d’absolu

Dans la mesure où l’on ne s’interroge pas sur les causes profondes de cette lente mais irrémédiable dégradation de situation, l’homme, ayant besoin d’absolu et de transcendance, ne peut plus désormais proclamer comme absolu que l’absence d’absolu soit le relativisme total. La critique de la raison pure d’Emmanuel Kant, contestée bien que reprise par Nietzche, a fait voler en éclat la métaphysique ne laissant l’homme qu’au seul nominalisme(18). Le concept universel ne correspond à rien de réel, il n’est qu’un mot, qu’un nom. Tout est relatif. La vérité est inatteignable. Il n’y a pas de vérité absolue. On ne peut atteindre que des vérités partielles, provisoires, et «polychromes» …(19) Comment comprendre autrement que les différences homme/femme puissent désormais être gommées, relayées au rang de choix culturels et que tout peut être mis sur le même plan dans la constitution d’un couple… La raison et le bon sens, ne serait-ce que biologique, pour ne pas parler de l’expérience millénaire des fondements sexués de toute société, peuvent bien proclamer le contraire, il n’y a plus d’absolu, sinon celui que tout est relatif… Même le psychologisme y a perdu l’absolu de son discours.  Les conséquences de ce monstre hideux du relativisme, que Benoît XVI ne craint pas de mettre au rang des dictatures(20) n’ont pas fini de se faire sentir sur des générations entières, si nous ne leur offrons pas autre chose.


2.      L’Eglise dans la tourmente

L’influence de la critique des philosophies contemporaines s’est faite sentir jusque dans l’Eglise de façon efficiente. Le développement des sciences historiques a inévitablement provoquer la recherche biblique et exiger qu’elle puisse s’accomplir de façon autonome. Chaque discipline théologique n’en attendait pas moins. La crise moderniste a trouvé sa résolution dans une confrontation ecclésiale qui n’a pas été sans souffrances mais qui fut largement bénéfique. Le Concile Vatican II est venu à point nommé pour apaiser, conforter et aider toute l’Eglise à répondre à sa mission au sein d’un monde en pleine révolution et évolution. Néanmoins si le Pape Paul VI a pu dire que « la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu» (21) c’est sans doute que les dangers du poison mortel de l’athéisme et du rationalisme absolu n’ont pas épargné les chrétiens. Le marxisme entre autres est entré dans les facultés de théologie. Benoît XVI, alors professeur de théologie à Cologne, a vu ce danger plus grave que les différences théologiques d’avec nos frères protestants. Il ose parler de la manière « blasphématoire » dont le mystère de la croix a été traité (22)

La psychologie et la critique philosophique de la religion ont fasciné les clercs d’une façon atterrante et durablement déstructurante. René Voillaume osait dire dans une conférence sur la vie religieuse : « Si mon maître des novices n’est qu’un psychologue, je quitte le noviciat. » Et il ne manquait pas de quelques formateurs pour ironiser sur le fait de faire oraison. Un responsable de séminaire se réjouissait pourtant en 1975 au constat qu’il n’y avait plus à se battre pour que les séminaristes fassent oraison de façon coutumière.  Qu’en était-il donc avant? Tout cela n’était alors que le frémissement d’un tournant salutaire qui commençait à s’opérer. « Dieu est Dieu, nom de Dieu. » cria Maurice Clavel de façon prophétique en cette année là. Il s’est remis alors à « faire Dieu » en France grâce - entre autres - au renouveau charismatique et aux communautés nouvelles.

En clair, sous l’influence des critiques philosophiques de la religion et du freudisme, de fortes tendances se sont fait jour dans notre Eglise, au moins en France et dans notre société occidentale, qui contribueront à ébranler les fondements de la foi et d’une pratique chrétienne féconde. 


1)    L’opératoire supplante le symbolique…

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Le souci de rendre à la foi sa pureté d’exercice pousse à la démythologisation. Une interprétation sans aucun doute trop hâtive et restrictive de la réforme liturgique contribue à un raz-de-marée pour fuir le symbolique, ou du moins s’en méfier, et s’attacher à l’opératoire. Le souci de sortir la foi du culte et de la religion pour répondre d’une certaine manière à la critique marxiste de la religion opium du peuple a pour résultat une dénaturation du culte liturgique. Des slogans en sont le signe. « Mon travail c’est ma prière. » Le « quitter Dieu pour Dieu » pour aller porter une médecine à un malade, de saint Vincent de Paul, est proclamé haut et fort au détriment de ce que ce prêtre des pauvres affirmait tout autant : « Donnez-moi un homme d’oraison, il est capable de tout. » Et on oubliait son intuition apostolique qui était de s’occuper des pauvres autant pour soulager leurs misères que pour les évangéliser. La psychologie non directive faisait son œuvre pour se méfier de tout type d’influence, fusse-t-elle au nom de l’évangélisation. L’action catholique en ses fondements et à ses débuts avait pourtant bien pour mystique et pour devoir. « Nous referons chrétiens nos frères. »

L’affaiblissement du symbolique contribuera largement à la rupture de transmission. Car n’en déplaise à tous les caciques du religieux, ce sont encore les populations chrétiennes, pratiquant à peu près régulièrement le culte dominical, qui restèrent porteuses sinon d’une catéchèse chrétienne du moins d’une culture religieuse.


2)    « L’éclatement » du mystère de la foi

La légitime autonomie qu’acquièrent les sciences religieuses et théologiques contribue à une individualisation de chaque domaine et à une hyper rationalisation. Ce cloisonnement des disciplines n’est pas sans conséquences lourdes pour la formation à l’intégralité du mystère de la foi dans sa spécificité et sa cohérence, pour ne pas dire son identité.

Après que le mystère de la croix ait été vidé de son sens pour un messianisme de type marxiste ou humaniste à l’horizontal, la Résurrection a pu être minée et la transsubstantiation eucharistique mise en cause.

Quand bien même cela est le fait d’une minorité celle-ci est fort active et prégnante dans un climat où la peur d’être en retard sur le monde contemporain, voire le souci exclusif d’être présent à ce monde, est dominant pour ne pas dire dominateur. L’atmosphère qui en résulte est si lourde qu’il est difficile de ne pas être atteint ou de s’en extraire. D’autant que tout s’accomplit soi-disant au nom du Concile Vatican II, invoqué largement, plus que lu et travaillé sérieusement. C’est de l’ordre de l’imposture…

Dès lors qu’on s’interroge si fortement sur la présence vivifiante du Ressuscité, crucifié pour nous et éternellement présent à son Eglise, que peut-on transmettre du beau mystère de la foi, sinon des valeurs de solidarité, et cela, en dehors de la Croix ?


3)    D’une théologie du salut à une théologie de la compassion 

L’accent pastoral est mis désormais sur la solidarité, le social. C’est la conséquence naturelle d’un souci d’être au monde, inspiré par l’Evangile certes, mais aussi sous l’influence notoire des philosophies athées au messianisme terrestre laissant Dieu dans son ciel. Le souci exclusif de la « veuve et l’orphelin » n’est pas sans risque du côté de la transmission. Les générations en effet qui ont mis cela en exergue pouvaient se le permettre dans la mesure où elles-mêmes avaient été catéchisées. Mais qu’est devenu la transmission du contenu de leur foi ?

A cela se conjugue une critique généralisée du péché originel sous l’influence d’une certaine exégèse autant que d’une volonté de réagir au jansénisme toujours présent dans la pensée ecclésiale ou du moins dans la pratique (23). La psychologie freudienne ajoute encore à la critique. Et le pas est vite franchi de remplacer le mystère du mal et du Malin par la psychologie des profondeurs. Il ne reste donc plus qu’à basculer dans une théologie de la compassion et du seul « accompagnement » au détriment d’une théologie du salut. Les prêtres deviennent davantage des psychologues, des sociologues, plus que des pasteurs au sens de la paternité dont nous parlerons un peu plus loin.

Ne faut-il pas trouver là une des raisons principales de la désaffection d’un grand nombre d’âmes généreuses, pourtant formées au sein de l’Eglise dans leur prime jeunesse? Puisque, pour être chrétien, il ne s’agit plus que d’être solidaire, on l’est tout aussi bien hors de l’Eglise dans nombre de mouvements sociaux et politiques.


4)    Le psychologisme remplace la mystique

La prégnance et la force des courants philosophiques contemporains poussant au tout psychologique ont pour effet immédiat que la mystique est détrônée au détriment de ce qu’on pourrait appeler le psychologisme. La catastrophe est lourde de conséquences, attendu que le chemin vers la source de toute vie ecclésiale, qui est vie de foi et entrée dans le mystère, tend à être constamment soupçonné de déviances psychologiques. Qu’on ne nous dise pas que ceci est exagéré alors que tant de faits et d’expériences du ministère sont là pour nous le prouver (24). La discrétion et la charité demandent seulement de les taire.

N’y a-t-il pas là une des raisons de la montée des sectes, des mouvements religieux où l’on développe largement l’affectif et la priorité au bien-être, comme les motifs de si nombreux départs de la vie consacrée et du vide des noviciats et des séminaires ? La vie religieuse et le sacerdoce ministériel voyant disparaître leur visée mystique et leurs fondements ontologiques qu’en reste-il comme idéal proprement chrétien pour passionner des jeunes ? Il y aurait grand intérêt à regarder de près les mystiques que le Seigneur a suscités au cœur de cette tourmente ecclésiale pour contrebalancer cette grave dérive.


5)    La disparition de la figure du père

L’émergence et la domination dans l’Eglise du « collectivisme fraternel » et du « psychologisme », comme il convient de les appeler, ont contribué puissamment à la disparition de la figure traditionnelle du père. Certes dans toute la société l’autorité est sapée dans ses fondements philosophiques. Qui le nierait en lisant en gros titre du Nouvel Observateur dans les années 1990, journal qu’on ne peut soupçonner d’être réactionnaire: « Mais où sont passés les pères ? ». La critique marxiste et freudienne ayant largement atteint dans l’Eglise les milieux universitaires et cléricaux il convient désormais de ne plus appeler les prêtres « père » mais par leur simple prénom. Jésus est largement invoqué lui qui nous a dit que nous n’avions qu’un seul Père qui est aux cieux (25). Interprétation abusive ou exclusive des propos de Jésus qui oublie tout un pan de l’Evangile où le Maître donne à ses disciples d’être ses envoyés au nom du Père (26), d’être les « relais » de sa paternité. Comment vivre alors de la paternité de Dieu en Eglise, si les successeurs des apôtres ne laissent plus transparaître en toute leur attitude et leur propos le visage du Père dont ils sont les envoyés ? Que peuvent devenir les initiatives de l’Esprit Saint qui ne cessent d’orner l’Eglise (27) si elles ne rencontrent aucune vraie paternité pour les authentifier et les confirmer, Jésus voulant passer par ses prêtres pour conduire son Eglise ?

La critique psychologisante atteint naturellement la nature et la visée du célibat consacré. Il ne se réduirait plus qu’à un mal nécessaire pour la bonne cause, un handicap à sublimer, ce qui conduit à nier l’épanouissement possible d’un véritable célibat d’amour à condition que ce soit pour être père. Les ministres ordonnés n’en sont-ils pas alors réduits à être des administrateurs ? …

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L’effondrement des fondements de toute autorité a pour corolaire, dans l’Eglise comme dans la société civile, le développement d’un esprit hypercritique. Tout peut être discuté y compris le dépôt de la foi. Toute demande de conseil a désormais valeur de décision dans l’esprit du commun des mortels. C’est la tendance au pouvoir absolu des conseils et des « circuli minores » (les quatre-quatre ou six-six de nos réunions pastorales) sur les décisions que l’autorité légitime a le droit de prendre en son âme et conscience. Comme le rappelait un évêque à son conseil presbytéral : « Un conseil c’est fait pour donner des conseils. Les décisions, c’est moi qui les prends. » Certes toute prise de décision a un cadre juridique à respecter et une déontologie à vivre, mais sans renier la valeur de l’obéissance et la diversité des fonctions… Ainsi l’obéissance a pris l’avant dernière place dans la vie religieuse (28) que dans la Tradition entrer en religion équivalait à entrer dans l’obéissance.

L’esprit critique est partout et prétend pouvoir dire son mot sur tout, en tout et pour tout. Il s’est répandu un a priori de refus de toute parole d’autorité. C’est devenu quasi viscéral dans les milieux chrétiens où la mythologie du « collectivisme fraternel » et du « psychologisme » fonctionne à plein. On le constate largement dans le fonctionnement de la majorité de nos communautés chrétiennes paroissiales ou diocésaines. Les exemples abondent.

Les conséquences sont énormes pour la transmission de la foi : tendance à cantonner les acteurs de la catéchèse dans le rôle de simples «suscitateurs » ou accompagnateurs, crainte d’imposer une parole, méfiance de toute forme d’influence. Obligation est faite de se tenir dans la posture de la proposition sans la force de conviction qui contribue à donner au propos celui de la vérité à cueillir comme seule parole de salut, quand bien même elle s’offre en dialogue.

On est bien loin du courage de l’homélie de Jean-Paul II ouvrant son pontificat : « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. » (29) Mais voilà ! « Le secret de Jean-Paul II c’est la paternité », affirmaient des amis polonais de Karol Wojtyla. Ce que commentait ainsi le cardinal Schönborn : « Ce qui l’oppose au monde c’est ce qu’il lui propose, la paternité !... ». Ce grand pape ne nous aurait-il pas été donné pour contribuer à faire chuter les murs du marxisme, du freudisme et du relativisme dans nos têtes et nos modes de fonctionnement ?


6. L’Europe à un tournant, risque et défi 

Sur fond d’une crise de transmission généralisée (30) et d’une laïcisation galopante l’Europe, ayant dépassé ses conflits jusqu’à revenir à ses frontières naturelles, voit malheureusement le relativisme s’installer dans les fondements de son organisation. Sans compter que des réalités sociales ou géopolitiques s’imposent à elle. Citons particulièrement :

- La montée de l’Islam, et son poids grandissant, avec une toute autre conception des rapports état et religion que celle de nos pays issus du judéo-christianisme (31) ;

- le « laïcisme » avec son aspect revendicatif d’une privatisation de la religion, au détriment de la laïcité, fruit du christianisme ;

- la rupture généralisée de transmission et le décrochage entre le culte chrétien et la culture catholique ;

- la croissante des sectes et autres mouvements ésotériques, ou gnostiques, s’engouffrant dans le vide laissé par la mort des idéologies dominantes du 19° siècle et un individualisme déstructurant ;

- l’internationalisation de tous nos échanges par l’internet et les médias.

- le déplacement des grands pôles de puissance économique vers l’Asie…

- La France, quant à elle, est en mal avec son histoire. La fracture de notre société nationale à la suite de la Révolution de 1789 est toujours prégnante ainsi que les conséquences d’autres périodes de son histoire, si l’on considère par exemple la crainte de nos gouvernements de faire de la repentance.

Dans ce contexte les chrétiens sont devenus minoritaires. Rien de catastrophique. Tout a commencé avec douze pêcheurs de Galilée. Il est autrement plus grave d’être sans saveur, sans consistance, ou encore d’ignorer la réalité dans laquelle on est appelé à annoncer l’Evangile, sachant qu’il est plus difficile de reconduire à la foi des personnes qui en ont vécu - c’est le cas de nos vieilles nations européennes - plus que des personnes qui en ignore tout.

On comprend dès lors l’appel de nos évêques à aller au cœur de la foi pour être véritablement le levain dans la pâte et la lumière du monde. La tâche est passionnante, immense. Elle requiert de nous le sérieux d’une vraie compétence qui ne doit pas craindre de parler d’un élitisme… Les périodes de crise réclament en effet des élites. Ne cédons pas à nouveau à une critique de type marxiste ou psychologisante et faussement égalitariste. Les renouveaux n’adviennent jamais dans un nivellement par le bas ou la régulation sur le plus petit dénominateur commun.

Avec les caractéristiques propres à chaque continent le synode d’octobre 2012 a exprimé combien la nouvelle évangélisation (32) est d’actualité pour tous. Depuis Vatican II le nombre des chrétiens catholique a augmenté sur les cinq continents, quoique relativement par rapport à l’ensemble de la population. Des déplacements de centres vitaux se sont opérés. Dans ce contexte mondial si rapidement modifié l’Eglise est invitée à être fidèle à elle-même pour penser l’évangélisation à frais nouveaux.


3.      Du neuf et de l’ancien pour une catéchèse opératoire

Qu’est-ce qui, en France, pourrait ou devrait être des points forts de référence pour vivre et faire vivre la catéchèse dans les Eglises diocésaines ? Aucun de ces points n’est indépendant l’un de l’autre. Ils se répondent et se correspondent dans une vie ecclésiale qui doit chercher avant toute chose d’être animée par le souffle de l’Esprit de Jésus Christ. Ce n’est pas affaire de stratégie, comme le rappellent nos évêques, mais réponse à l’appel de Jésus à être son corps pour le monde. En ce sens il y a du neuf et de l’ancien dans ce que nous allons dire.


1)    L’urgence d’une vie communautaire, épiphanie de la Trinité Sainte

En parcourant avec toute la compétence qui le caractérise la tradition catéchétique le père Jean-Marie Beaurent termine par cette conclusion concernant toute catéchèse : celle-ci ne peut être opératoire sinon dans un lieu catéchétique significatif.

« L’urgence nous paraît donc être à l’émergence de lieux, qui en osant proposer le tout cohérent de la foi chrétienne, sachent aussi permettre de le vivre. Seuls les lieux de l’Eglise expressifs de la foi et référés liturgiquement à la présence ressuscitée sont des lieux catéchétiques. Un catéchisme ou une méthode, fussent-ils parfaits, ne les remplaceront jamais. D’autre part, dans ces lieux, une catéchèse ne peut être la légitimation d’une praxis (pratique morale, politique, culturelle ou même pastorale), fût-elle parfaitement fondée. Elle se doit d’introduire au tout cohérent de la foi et à la présence de l’autre. Des communautés ou des groupes ne pourront jamais secréter leur propre catéchèse à partir de leur vécu, fût-il authentiquement chrétien. Certes, toute production est issue d’initiatives privées ou collectives, mais elle se doit d’être en lien vivant avec le vis-à-vis apostolique. Celui-ci n’a-t-il pas comme ministère propre de servir la communication et surtout la référence au Mystère du Christ. »(33) 

 Comment faire vivre en effet une catéchèse, comment initier au tout du mystère de la foi chrétienne, en dehors d’une manifestation communautaire visible et palpable de ce même mystère qui s’est incarné en la personne de Jésus Christ pour nous rassembler en Lui, dans la communion ? Dans sa lettre prophétique en vue d’entrer dans le troisième millénaire, le Pape Jean-Paul II, souligne qu’en dehors d’une spiritualité de communion tous nos efforts pastoraux sont vains (34). La spiritualité chrétienne est fille de l’Incarnation du Verbe. Elle doit donc se donner à voir dans une communauté de vie concrète, rayonnante et joyeuse. Ce n’est ni affaire de nombres et de compétences mais affaire d’adhésion véritable au credo de l’Eglise dans une vie d’adoration et de charité qui manifeste la Trinité Sainte.

Il est étonnant qu’au moment où notre vieille Europe se désintègre dans un individualisme désespérant et un consumérisme angoissant le Seigneur a suscité nombre de communautés nouvelles dont un des premiers soucis est de l’ordre d’une vie communautaire authentique. La sainteté des temps modernes est davantage aux communautés saintes qu’à de grandes figures de saints, quand bien même ceux-ci demeurent nécessaires. Nous ne cesserons pas d’avoir besoin des leaders sportifs de la vie chrétienne. Ce qui valut spontanément à Jean-Paul II ce titre de « sportif de Dieu » dans la bouche du Cardinal Marty l’accueillant en France en 1980.

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2)    Retrouver la source de la symbolique

L’homme est « un être symbolique ». La nature lui a toujours offert un réservoir de signes et de symboles lui donnant d’interpréter son existence, sa relation (religio) au divin et à son monde(35). L’homme ne peut se passer du symbole et de son langage pour exprimer sa croyance, ses joies et ses peines, même sa propre pensée. Il est vraiment étonnant de voir combien des hommes d’affaires, très compétents en leur matière et sécularisés, s’engouffrent dans des lieux initiatiques ou sectaires qui déploient force symboles.  La mode vestimentaire ne participe-t-elle pas à une des fonctions du symbole qui est l’intégration dans une communauté sociale et la transmission des valeurs de cette communauté. Ainsi, alors qu’on a banni des écoles l’uniforme, les élèves se retrouvent dans la même tenue à la mode, avec la guerre des marques en sus. Choc du communautarisme de masse et de l’individualisme qui suscite chez certains penseurs de l’éducation nationale le retour éventuel à l’uniforme !...

La force de l’art et des symboles pousse tant de nos contemporains à saturer les hospitalités des monastères, cherchant non la qualité d’une parole, mais la beauté d’une liturgie. Cette puissance des symboles interroge. Significative à cet égard est la « conversion » d’Aron Lustiger, jeune juif de quatorze ans, et futur cardinal de Paris. Pour être entré dans une église le jeudi saint puis dans la même église le vendredi saint, le contraste de la décoration et du dépouillement du même bâtiment religieux d’un jour à l’autre fut le canal de la grâce qui l’a conduit au pas décisif vers le Christ. (36)

La beauté et la fidélité à la Liturgie héritée de nos pères, dans un organisme vivant, sont un trésor qui ne souffre pas la médiocrité. On a beau ne pas avoir de grandes chorales paroissiales ni de ressources humaines à soulever les foules, la liturgie est un mystère qui, à lui seul, s’il est célébré dignement et avec foi dans la fidélité à l’authentique tradition de l’Eglise, est d’une puissance à évangéliser les membres de la communauté autant que les non-chrétiens. « Une messe célébrée par le Padre Pio vaut toute une mission » disait Paul VI du futur saint capucin du Mont Gargano. Pourtant que voyait-on à l’autel sinon un pauvre frère capucin, prêtre de Jésus, qui célébrait humblement et avec des moyens très pauvres ?

 Toute communauté misant donc sur une belle et authentique célébration liturgique sera porteuse. Exigence qui demande une catéchèse pour tous ainsi qu’une véritable initiation à l’art de la prière, particulièrement en Europe où la catéchèse postbaptismale est un défi (37). De plus pour sortir des turbulences de l’application de la réforme liturgique voulue par Vatican II, l’art et la fidélité doivent être au rendez-vous si l’on ne veut pas risquer une certaine « profanation », pouvant avoir lieu d’ailleurs de bien des manières (38).


3)    Au cœur de l’Eglise, une catéchèse pour tous les adultes

 A-t-on vu un jardinier planter, cultiver et soigner une jeune et très belle plante, en dehors d’un terrain qu’il n’aurait pas soigneusement préparé, retourné, enrichi et nettoyé ? Non, bien sûr. Et c’est pourtant ce qu’au moins en France nous faisons invariablement en Eglise depuis des décennies. Catéchèse est rigoureusement synonyme d’enfants dans les discours ecclésiaux et les textes. La catéchèse serait réservée aux enfants. Le Texte de référence de 1979 vise exclusivement l’âge entre la petite enfance et l’adolescence, les 8-12 ans. Pourtant, dès les années 1950, un grand nom du renouveau de la catéchèse en France, Joseph Colomb affirmait l’importance capitale de la catéchèse des adultes.

On se satisfait à trop bon compte de penser qu’une formation des adultes est assurée dans les diocèses. Quel public est visé, effectivement touché ?... Mais surtout, on oublie que catéchèse et formation des adultes n’ont pas les mêmes visées. Une formation vise essentiellement l’acquisition d’un savoir et d’un savoir-faire en fonction d’une responsabilité pastorale ou autre. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de retombée dans le savoir-être des personnes en formation. Une catéchèse d’adultes vise principalement et prioritairement la transformation d’un savoir-être en vue d’une adhésion plus consciente et responsable à la personne de Jésus Christ. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’acquisition d’un savoir et d’un certain savoir-faire.

Le Texte pour l’orientation nationale de la catéchèse marque une avancée notoire à ce sujet puisqu’il affirme clairement qu’à tous les âges doit être poursuivie une catéchèse digne de ce nom. Malgré cela, quand il parle des adultes, ce texte vise essentiellement un guide de lecture du catéchisme pour les adultes, les catéchumènes adultes, les recommençants, les futurs mariés (39) …

Or le Directoire général de la catéchèse exprime clairement la priorité de la catéchèse des adultes pour tous. « Ces divers processus de la catéchèse, adaptés aux différentes conditions socio-culturelles, ne doivent pas être organisés séparément, comme s'il s'agissait "de domaines étanches et sans communication". C'est pourquoi l'offre catéchétique de l'Eglise particulière doit être bien coordonnée. "Il importe de favoriser la parfaite complémentarité" des diverses formes de catéchèses. Comme cela a déjà été souligné, le principe organisateur qui assure la cohérence entre les divers processus de catéchèse offerts par une Eglise particulière est l'attention à la catéchèse des adultes. Elle est l'axe porteur autour duquel gravite la catéchèse du premier et du troisième âge, qui s’inspire d'elle. »(40) 

 Les termes ici sont importants : la catéchèse des adultes est le principe organisateur et l’axe porteur de toute catéchèse et de son organisation. Déjà en 1979 Jean-Paul II parlait en des termes semblables : « En poursuivant la série des destinataires de la catéchèse, je ne peux manquer maintenant de mettre en relief l'un des soucis les plus constants des Pères du Synode, imposé avec vigueur et urgence par les expériences en cours dans le monde entier: il s'agit du problème central de la catéchèse des adultes. Celle-ci est la principale forme de la catéchèse, parce qu'elle s'adresse à des personnes qui ont les plus grandes responsabilités et la capacité de vivre le message chrétien sous sa forme pleinement développée. La communauté chrétienne ne saurait faire une catéchèse permanente sans la participation directe et expérimentée des adultes, qu'ils soient destinataires ou promoteurs de l'activité catéchétique. Le monde où les jeunes sont appelés à vivre et à témoigner de la foi que la catéchèse veut approfondir et consolider est gouverné par les adultes. La foi de ceux-ci devrait donc aussi être continuellement éclairée, stimulée ou renouvelée, afin de pénétrer les réalités temporelles dont ils sont responsables. Ainsi, pour être efficace, la catéchèse doit être permanente et elle serait bien vaine si elle s'arrêtait juste au seuil de l'âge mûr puisque, sous une autre forme assurément, elle se révèle non moins nécessaire aux adultes. » (41)

Cette réflexion parle d’elle-même si l’on veut bien être attentif à ce qu’elle exprime et lorsque l’on sait l’authentique expérience de Karol Wojtyla en la matière. Aucune communauté chrétienne dans notre société laïcisée ne sera capable d’annoncer l’Evangile selon la nature propre de l’Eglise si une bonne majorité des membres, pour ne pas dire l’ensemble, ne s’attelle à une véritable catéchèse permanente des adultes de tout âge.

Sur ce point la catéchèse selon LES SEUILS DE LA FOIofferte depuis plus de quarante ans, forte d’une expérience internationale et soutenue par un enseignement et une recherche universitaire, est éloquente et riche à plusieurs titres.

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Par un apprentissage de la lecture de la Bible, selon le fil rouge de l’histoire de l’expérience de foi qui a vu naître Israël et qui a conduit à l’Eglise, les livres bibliques deviennent progressivement la bibliothèque de famille des croyants ainsi catéchisés. Les contradictions narratives et les décalages culturels se trouvent en effet « résolus » par une connaissance de l’expérience de foi dont il traite, selon les seuils successifs de cette foi et leur enracinement historique le plus probable. Le parcours renvoit alors à un dialogue fécond avec la propre expérience de foi de chacun, de chaque communauté.

« De quel Dieu l’on parle, qui est l’homme et quelle est sa destinée» s’éclaire de façon lumineuse par la cohérence de la pédagogie divine découverte selon les configurations historiques mises à jour et dans l’émerveillement de la montée en écriture progressive et savoureuse de l’expérience de foi qui a fait se lever un peuple libre ayant traversé tant d’épreuves. La foi et la raison s’arc-boutent l’une l’autre pour allier l’enracinement historique de cette expérience bimillénaire et son processus de transmission.

Pour être opératoire, cette catéchèse d’adultes se déploie selon les cinq piliers de toute catéchèse : bible et histoire, théologie, esthétique, prière, actualisation. Les montages audiovisuels - alliant l’art pictural et photographique, la poésie fondée en histoire et en théologie ainsi que la musique - conduisent à entrer par un langage transdisciplinaire, fruit de tout un travail interdisciplinaire, dans la beauté de la cohérence de tout le mystère de la foi selon l’ensemble de l’histoire de la révélation. Invitation à un réel enracinement de sa foi chrétienne permettant une structuration de son expérience croyante, offrant ainsi une capacité à en témoigner autant que de se trouver apte au dialogue des religions, tant ce dernier est découvert ici suivant l’expérience féconde en ce domaine d’Israël et de l’Eglise naissante.

Enfin ce parcours éclaire de façon magistrale pourquoi toute l’histoire de la foi, selon les seuils, peut être relue dans le Verbe fait chair. Le pas à pas de la naissance d’Israël pour aller dans la foi jusqu’à Jésus (lecture prospective) permet de comprendre la parole et les gestes de Jésus comme accomplissement de tout ce chemin du peuple élu en ses multiples attentes (lecture rétrospective). Israël étant connu en toute sa complexité et sa richesse, Jésus n’apparaît en lui-même que plus grand et plus vrai.


4)    Expérience personnelle et expérience communautaire

Le Seigneur nous précède en Galilée. C’est dire qu’il nous précède toujours dans le cœur des croyants ou des futurs croyants. Catéchiser c’est donner un enseignement qui doit faire écho dans le cœur des auditeurs (Katekein en grec). Il ne s’agit pas d’un simple enseignement didactique, d’un savoir à engranger en mémoire pour être savant (didaskalein en grec). Telle est l’expérience de Paul à Corinthe après sa déconvenue à l’agora d’Athènes. « Non, je n'ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. »(42) 

Notre monde refuse toute parole d’autorité qui tendrait à organiser la vie selon un absolu légitime. Il convient donc, dans l’acte même d’enseigner, de rejoindre l’expérience et de parler d’expérience. C’est la logique de la grâce. Elle est d’une urgence criante.

Alors une vraie paternité sacerdotale, qui traduise la bonté et la confiance de Dieu, a des chances d’être reçue, de même que l’enseignement de l’Eglise « experte en humanité » selon la belle parole de Paul VI. L’autorité qui catéchise et conduit la communauté chrétienne doit parler du plus profond d’une expérience personnelle autant qu’en témoin avisé et autorisé de l’institution. C’est être fils avant d’être père. S’il en est ainsi la parole de ce père a des chances de retentir et de rejoindre le cœur de ses auditeurs appelés à être fils du seul Père des cieux. Si de surcroît la Parole est transmise, célébrée, priée, vécue et annoncée dans une communauté porteuse parce que « experte » dans le mystère, capable de le manifester par sa vie quotidienne, capable aussi de rendre compte de son espérance, l’auditeur de la Parole est en mesure d’apprécier par lui-même et dans l’Esprit Saint l’authenticité de ce qui lui est proclamé.

Les générations qui nous précèdent ont pu vivre un certain déficit de la mystique ou du primat de l’expérience spirituelle. La génération de nos parents et grands-parents, formée avant guerre, pourrait être appelée, sans aucun réductionnisme et encore moins jugement, la «génération de la religion à vertus. » Cela a donné des hommes et des femmes debout, soucieux d’une rigueur morale capable de les responsabiliser et de traverser de bien lourdes épreuves. La génération d’après guerre, par son souci d’être au monde, pourrait être appelée la « génération de la solidarité ». Ce furent les grands moments de l’action catholique et des prêtres ouvriers. A aucune de ces générations il n’a manqué le souffle d’une mystique mais celle-ci n’était pas forcément première, ou ne l’est pas demeurée sous le feu des épreuves et de la critique contemporaine. Sans perdre les acquis de l’une et de l’autre génération, l’urgence aujourd’hui est à une authentique vie mystique, autrement dit à l’expérience de Dieu qui doit fonder la catéchèse et toute démarche d’évangélisation. Notons que nombre d’œuvres nouvelles de religion en France (congrégations ou autres) qui recrutent sont des communautés ou œuvres de contemplation, vécue dans une radicalité sans complexe. Par ailleurs, des témoignages de sainteté « claquent » au milieu de nous comme autant d’irruptions volcaniques pour dire Dieu avec fulgurance (43).

Il y aurait de surcroît à ouvrir ici tout un chapitre pour considérer ce qui a été largement évacué des prédications et des catéchèses des dernières décennies, le mystère de la croix. Quelle audace de la part de Jean-Paul II de confier aux jeunes du monde entier la Croix, de les inviter à être les témoins du 3° Millénaire grâce et par le mystère de la Croix. Aucune catéchèse et aucune évangélisation n’ont de chance d’aboutir et de porter des fruits durables si elles ne sont portées par la prière et l’offrande sacrificielle des membres de l’Eglise. Les témoignages d’un Padre Pio ou d’une Marthe Robin, dont la fécondité apostolique n’est pas à démontrer, viennent rejoindre celui d’une Bernadette Soubirous et de tous les malades de Lourdes, celui de tant d’autres chrétiens connus ou inconnus dont le sacrifice porte mystérieusement la mission de l’Eglise.

Réfléchir à cela c’est réaffirmer que la grâce est première…


5)    Réconcilier la foi et la raison

Un des grands chantiers qu’ont entrepris en philosophie comme en théologie Jean-Paul II et Benoît XVI est celui de la réconciliation de la foi et de la raison. Aucune catéchèse ne pourra négliger ce dialogue entre foi et raison. Ce serait insensé dans ce monde contemporain épris d’une autonomie farouche de la raison et aux prises actuellement avec les impasses d’une telle autonomie, comme dans le dialogue avec l’Islam pour lequel les données de ce rapport sont autres qu’en christianisme. La cassure s’est faite à la fin du Moyen-âge. Les conséquences en sont énormes. Il importe comme l’a dit magistralement Benoît XVI dans sa leçon de Ratisbonne que la raison s’ouvre à la foi et que la foi ne se passe pas de la raison. L’homme dépasse l’homme dans l’acte de croire, mais c’est l’homme raisonnable qui croit et trouve dans sa foi des raisons de croire.

Nous pouvons relever pour preuve le phénomène du dernier voyage de Benoît XVI en Angleterre. Le vide des discours contemporains, particulièrement médiatiques, a sans doute créé un appel d’air formidable en faveur des discours du pape lors de ce voyage pour la béatification du Cardinal Newman. Sa venue a déchainé les passions et les antipathies dans tous les journaux anglais les jours précédant son arrivée. Or ce pasteur, humble et profond, a su parler au cœur, avec foi et raison, en des mots simples, des raisons de croire et de la beauté de la foi pour illuminer le champ immense des responsabilités humaines en politique. La une des journaux était alors complètement retournée en sa faveur après ce voyage.

Réconcilier la foi et la raison c’est donc aussi retrouver l’audace d’une annonce directe et paisible de la foi chrétienne. Le discours aux Bernardins de Benoît XVI en 2008 lors de son voyage pastoral en France avait déjà provoqué l’admiration de tout son public de haut niveau, quelles que soient les appartenances philosophiques ou religieuses. (44)


6)    L’énigme du mal et le péché originel

Le déchainement de violence des deux dernières guerres et la succession de conflits qui perdurent sur bien des points du globe ne peuvent nous laisser insensibles. Les progrès immenses de la médecine n’ont pas éradiqué les maladies. Certaines disparaissent et d’autres apparaissent. La mort reste une pierre d’achoppement. La violence dans nos cités sur-consommantes interroge quant aux raisons de ce mal qui traverse invariablement les siècles, les peuples, les systèmes politiques et sociaux.

Toute la recherche d’Israël après l’exil fut traversée par cette énigme du mal. Et l’immense question théologique qu’a suscitée en son sein la Shoah reste comme une plaie béante au cœur de nos frères juifs. Pourquoi a-t-on voulu les supprimer au titre de leur élection ? Et ceci au cœur d’un continent se réclamant majoritairement de la foi chrétienne.

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L’éclipse de la question du péché originel (45) et de l’existence des démons, en théologie ou au moins en pastorale, demeure un défi auquel il faut répondre urgemment. Une catéchèse cohérente et sensée sur ces sujets est des plus vitales pour des générations angoissées, particulièrement pour une jeunesse qui fréquente, plus qu’à une autre époque, la mouvance satanique. La réponse fera certainement suite à une réconciliation entre foi et raison autant qu’à un plus juste positionnement des sciences psychologiques.


7)    L’exposé organique et complet de la foi, base de toute catéchèse

 Le mystère de la foi est une personne, Jésus Christ, manifestation du Père et donateur de l’Esprit Saint. Il importe à chaque stade de la catéchèse de redonner l’ensemble du mystère divin dans sa beauté et sa cohérence, comme l’indiquent nos évêques (46). Le but de toute catéchèse est d’adhérer de cœur et d’âme, comme par tout son corps, à la personne de Jésus Christ. Ne donnons jamais Jésus « en miettes » ou en dehors de la cohérence avec laquelle il s’est révélé dans toute l’histoire d’Israël et de l’Eglise. Il suffit, pour en être convaincu, d’être témoin de la puissance de l’Evangile dans le ministère chaque fois que l’on a soin avec charité et respect de situer ce qui est à dire ou à vivre dans l’ensemble du mystère de la foi, notamment auprès des divorcés remariés ou des couples non encore sacramentalisables.

C’est le tout de la foi qui sauve parce qu’il s’agit d’une personne. On a fait beaucoup de mal à affirmer des contre vérités sur des points forts de la foi catholique sous prétexte de prétendus progrès dans la science des textes bibliques ou de prétendues avancées théologiques. C’est sans aucun doute ce qui a suscité la demande unanime des pères synodaux en 1985, la rédaction d’un catéchisme de l’Eglise catholique, alors que les pères conciliaires ne l’avaient pas souhaité. Non pour éteindre la recherche théologique mais pour réaffirmer et redonner le dépôt de la foi reçu depuis deux millénaires qui est Jésus Christ, Chemin, Vérité et Vie.(47) Personne n’a inventé Jésus. Il a suffisamment surpris ses frères juifs au point que ceux-ci ne trouvèrent rien à contester de son enseignement et de sa pratique. Ceci justement en raison de sa belle cohérence, en lui-même et par rapport à la tradition juive, autant que par sa nouveauté. On peut dire que les chefs religieux ont buté sur la cohérence de Jésus. Il a été livré sans motif de condamnation (48). Jésus a, quant à lui, fait confiance à ses apôtres. Il leur a tout livré de lui en parfaite fidélité à son Père. Nous avons à recevoir cet héritage apostolique et nous en montrer digne en toute catéchèse. Tout homme a droit d’entendre parler de la Vérité qu’est Jésus Christ tel qu’il s’est révélé, dans le tout de sa pensée et de son action. C’est être catholique (étymologiquement en grec : selon le tout).


8)    L’art au cœur de la catéchèse

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A l’ère des multimédias et du développement de l’intérêt pour le patrimoine culturel et religieux comment échapper à la transmission par l’art. De surcroît l’art est de tout temps un vecteur puissant pour transmettre l’âme des hommes, leurs sentiments les plus profonds, leurs convictions les plus hautes. Dieu a créé le monde avec art et nous appelle à vivre notre vie en artiste, à nous laisser façonner par son Esprit Saint comme une œuvre d’art entre les mains de son auteur. La France redevenue païenne n’en demeure pas moins marquée dans ses paysages par son patrimoine religieux. Les cathédrales continuent de se dresser comme un témoignage bouleversant de la foi de ses ancêtres.

La formation et les méthodes sont nécessaires, mais la catéchèse elle-même est un art qui suppose que le catéchète se rende disponible à l’Esprit Saint. C’est lui le catéchète véritable. Cela suppose un chemin de conversion personnelle et continuelle, une vie de prière et une vie ecclésiale authentiques. La catéchèse étant aussi un enseignement, elle ne saurait l’être sans la connaissance de l’intégralité de l’enseignement de Jésus et l’expérience de l’Esprit Saint. (49)

Les artistes sont des dons que Dieu fait à l’humanité pour qu’elle même devienne œuvre d’art. Leur art doit nécessairement croiser celui de la catéchèse pour dire l’ineffable et l’invisible devenu visible. Comment dire la beauté divine en dehors d’un art qui laisse paraître sans enfermer, qui exprime sans chosifier, qui chante sans jamais contenir la symphonie que seuls les anges peuvent chanter ? La catéchèse sera d’autant plus féconde que les différents arts se croiseront et se conjugueront dans une communauté qui se laissera façonner par le souffle de l’Esprit Saint, par la Parole de Jésus et la liturgie de l’Eglise.

 

Conclusion

"Ainsi donc tout scribe devenu disciple du Royaume des Cieux est semblable à un propriétaire qui tire de son trésor du neuf et du vieux. » (50) La lecture que nous venons de faire de la situation actuelle, pour répondre à l’appel de la mission que Jésus confie en tous temps à son Eglise, n’était-ce pas tirer du neuf et du vieux du trésor de l’Evangile et de cette terre où Dieu a dressé sa tente? Il est capital de pouvoir mettre des mots sur le monde d’où l’on vient et sur le monde que l’on habite pour pouvoir aller de l’avant. C’est ce que nous avons souhaité faire. Si d’aucuns nous trouvent mal ajusté à la réalité ou trop critique qu’on se reporte utilement à la lecture du livre du père Thierry-Dominique Humbrecht déjà cité (51). Avec une toute autre compétence le père Humbrecht dégage l’horizon par une analyse pertinente. Il aide ainsi à penser à frais nouveaux la mission d’évangélisateur et de catéchète en ce monde postmoderne.

Il restera encore à faire en ce temps ce qui concerne tous les temps : repérer et écouter les saints et les prophètes, ceux et celles que Dieu ne manque jamais de susciter à chaque période de l’histoire pour répondre aux défis de l’évangélisation. Qu’il nous soit accordé de ne leur être ni sourds, ni aveugles pour être à notre tour et d’une manière unique les saints du 21° siècle. Car seuls les saints transforment le monde.


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  1. La catéchèse des enfants. Texte de référence. Le Centurion. 1979
  2.  Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France et principes d’organisation. Bayard/Cerf/Fleurus-Mame.2006
  3. Proposer la Foi dans la société actuelle. Lettre aux catholiques de France. Cerf. 1996
  4.  Entre épreuves et renouveaux la passion de l’Evangile. Indifférence religieuse. Visibilité de l’Eglise et Evangélisation. Bayard/Cerf/Fleurus-Mame. 2009
  5.  Formation chrétienne des adultes. Un guide théorique et pratique pour la catéchèse. C.N.E.R. Desclée de Brouwer. 1986
  6. Jean-Marie Beaurent. Théologien et philosophe, co-fondateur de la Catéchèse Mess’AJE, enseignant et directeur à l’Institut Art Foi et catéchèse de l’Université catholique de Lille, décédé le 28 Décembre 2009.
  7. Jean-Marie Beaurent. A l’écoute de la Tradition catéchétique. Ensemble. XLII, 2,85
  8. Philippe NEMO. La belle mort de l’athéisme moderne. PUF.2012
  9. « Pour refinancer la dette arrivant à maturité, les Etats souverains de la zone euro et les banques doivent trouver en 2012 sur les marchés 1900 Milliards d’Euros, soit près de 9 Milliards d’Euros par jour. » Simone WAPLER dans Pourquoi la France va faire faillite. Ixelles Editions.2012. p. 7
  10. Stephen Green. Valeur sûre - Réflexion sur l’argent et la morale dans un monde incertain. Parole et silence.2010
  11. L'humanité de Dieu / cardinal G. Danneels ; entretiens avec Gwendoline Jarczyk. DDB.1995
  12. Gilles Lipovetsky. L’ère du vide. Essai sur l'individualisme contemporain. Gallimard. 1983
  13. Lettre encyclique de Jean-Paul II. L’Evangile de la vie. 1995
  14. Jean-Paul Brighelli. La fabrique du crétin. La mort programmée de l'école. Jean-Claude Gawsewitch Éditeur. 2005.
  15. Cardinal Danneels, op. cit. voir le chapitre qui parle de la mort du roi (au sens symbolique).
  16. L’Express du 13.12.2011 titre : Un taux de suicide parmi les plus élevés d'Europe. Un très mauvais bilan. Malgré une légère baisse, la France possède l'un des taux de suicide les plus élevés d'Europe, révèle l'enquête réalisée par le Baromètre santé 2010, publiée ce mardi. Seuls la Finlande, les pays Baltes, la Hongrie et la Slovénie ont de plus lourds bilans. Près d'un décès sur 50 est un suicide dans l'hexagone. 
  17. Sur le site internet continentalnews.fr on peut lire : ANTIDEPRESSEURS : LA FRANCE, CHAMPIONNE TOUTES CATEGORIES   La consommation d’antidépresseurs en France est la plus élevée du monde. Ce triste record pousse une quinzaine de médecins français à lancer un cri d'alarme, paru dans "Psychologies magazine". Ils veulent ainsi dénoncer "la surmédication du mal-être".Les Français sont les premiers consommateurs d'antidépresseurs au monde. Plus de 5 millions de personnes consomment des antidépresseurs et psychotropes en France, dont plus de 120 000 enfants et adolescents. La consommation de tranquillisants et d'antidépresseurs en France est trois fois plus élevée que celle des autres pays de l'Union Européenne. Et cette surconsommation augmente chaque année.
  18. Yves Tourenne. Introduction à la métaphysique de Claude Tresmontant. Lethielleux. 2010
  19. Maurice Caillet. J’étais franc-maçon. Salvator. 2009. p. 161-162.  Monseigneur Dominique Rey. Peut-on être chrétien et franc-maçon ? Salvator.2007. p.19
  20. Joseph, cardinal Ratzinger. Homélie de la messe pour l’élection d’un nouveau pape. 18 Avril 2005. « L'on est en train de mettre sur pied une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs. »
  21. Paul VI. Homélie du 29 Juin 1972
  22. cf. Joseph Ratzinger. Ma vie. Souvenirs 1927-1977. Fayard. p.121-123. Le futur pape Benoît XVI témoigne ici du danger d'un faux messianisme moderne et de "la manière blasphématoire avec laquelle la Croix a été bafouée…"
  23. Denis Bijou-Duval. Faut-il encore se soucier du salut des âmes ? 2012. Chap.3.p.75
  24. cf. la réflexion symptomatique de René Voillaume citée plus haut en introduction de 2. L’Eglise dans la tourmente
  25. Mt 23, 9
  26. Jn 13, 1-20
  27. Vatican II. Constitution dogmatique sur l’Eglise. L.G. n° 4 ; 12.
  28. Mémoire sur les valeurs de la vie religieuse menée par une étudiante du Centre Sèvres
  29. Homélie du bienheureux Jean-Paul II, pape, au début de son pontificat.
(22 octobre 1978 : AAS 70 [1978], 945-947)
  30. Lettre aux catholiques de France. op.cit. I° Partie. 1. Une société en crise. 4 p 24
  31. Christopher Caldwell. Une révolution sous nos yeux - Comment l'islam va transformer la France et l'Europe. 2 tomes. Toucan. 2011. « Quand une culture peu sûre d’elle, malléable et relativiste rencontre une culture ancrée, confiante et renforcée par des doctrines communes, c’est généralement la première qui change pour s’adapter à la seconde. »
  32. « Partout en effet se ressent le besoin de raviver une foi qui risque de s’obscurcir en des contextes culturels qui en entravent l’enracinement personnel, le rayonnement social, la clarté de contenu et les fruits cohérents. » Message final du synode pour la nouvelle évangélisation. 2
  33. Jean-Marie Beaurent. A l’écoute de la tradition catéchétique. Ensemble. XLII, 2,85
  34. Jean-Paul II. Lettre apostolique
NOVO MILLENNIO INEUNTE. 2001. n° 43 Une spiritualité de communion
  35. Voir à ce sujet la très belle étude du Cantique des créatures de saint François d’Assise par le Père Eloi Leclerc. Le cantique des créatures ou les symboles de l'union. Fayard, 1970.
  36. Cf. Jean-Marie Lustiger. Le choix de Dieu. Entretiens avec J.-L. Missika et D. Wolton, Éd. B. de Fallois (Poche), 1987, p. 56
  37. Jean-Paul II. Ecclesia in Europa. 2003
  38. On se reportera avec intérêt à l’étude pertinente de Geneviève Trainar. Transfigurer le temps. Nihilisme-Symbolisme-Liturgie. Ad Solem. 2003
  39. Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France. Op.cit. Avant propos.p.15
  40. Congrégation pour le clergé. Directoire général pour la Catéchèse. 1997. 275
  41. Catechesi tradendae JP II.1979. n° 43
  42. 1 Cor 2,2
  43. cf. le témoignage connu d’une Chiara Luce, ou, moins connu, d’une Chiara Trurillo (Famille Chrétienne. n°1808), en Italie, d’un Ambroise Ficheux en France (Famille Chrétienne. n° 1815)
  44. Benoît XVI. Une nouvelle culture pour un nouvel humanisme : Les grands discours de Benoît XVI. Parole et Silence. 2012
  45. cf. Denis Biju-Duval. Op.cit.
  46. Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France. op.cit. Propositions 1.1 ; 5.1.
  47. cf. Joseph Raztinger et Christoph Schönborn. Introduction au Catéchisme de l’Eglise Catholique. Cerf. 1995
  48. Jn 19, 4-6
  49. cf. ce que l’on a dit plus haut de l’expérience et de la paternité (3.4)
  50. Mt 13, 52
  51. Thierry-Dominique Humbrecht. L’évangélisation impertinente
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