Entrer dans la joie de Pâques


«  Chrétiens, deviens ce que tu es… » 



Au milieu de la nuit, un cri s’est fait entendre…

 Cette parole retentit au cœur de la nuit de Pâques. C'est la venue de l’époux à la rencontre de son épouse, l’Église. Dieu toujours à la recherche de l’homme, Dieu qui en Jésus n’a pu abandonné ses enfants rebelles. La mort, séparation d’avec Lui, il l’a prise en cœur d’enfant du Père pour nous enfanter à nouveau, nous épouser en toutes nos nuits dont la nuit de Pâques est la source et le sommet. Le feu crépite à l’entrée de nos Églises pour inviter tout homme à célèbrer la lumière qui éclaire toute créature venant en ce monde… Nul n’est exclu, pourvu qu’il veuille consentir à la gratuité folle de l’Amour qui s’est consumé sur la croix pour renaître au matin de chacune de nos vies.

La grâce du Seigneur conduit aujourd’hui encore nombre de nos contemporains à entrer dans le grand mystère de Jésus Christ, par le Baptême, la Confirmaton et l’Eucharistie.  

L’église de Gethsémani

Quarante jours durant, avec toute l’Église, les catéchumènes adultes vont vivre les grands moments de ce que l’on appelle les scrutins afin de pouvoir être plongé dans les eaux du baptême qui les configureront à Jésus Christ, afin de recevoir l’onction de l’Esprit Saint et de communier au Corps sacramentel du Christ.

« Chrétiens, deviens ce que tu es » disait saint Augustin à ses chers catéchumènes devenus néophytes en la nuit de Pâques. Disciples du Christ baptisés et néophytes chantent ensemble désormais la victoire du Très haut sur toute mort et toute forme du mal. Enfants de lumière chargés d’annoncer au monde la Lumière qui dissipent toutes les ténèbres. 

En ces quarante jours de carême, après le 1° dimanche où l’on contemple Jésus tenté dans le désert vient le 2° dimanche celui de la Transfiguration. Puis le 3° Dimanche où la Samaritaine découvre la vraie soif, celle des eaux vives du salut. La guérison de l'Aveugle-né lui emboite le pas au quatrième dimanche de Carême avant qu’au 5° et dernier dimanche de Carême nous contemplions émerveillés Lazare sortir de son tombeau. La vie chrétienne est donc le chemin de Jésus qui nous arrache au Prince de ce monde et à ses tentations afin de nous faire entrer dans une transfiguration de tout notre être en buvant l’eau vive du salut, tout en étant illuminé de la Lumière du Christ pour quitter la mort sous toutes ses formes jusqu’à chanter l’alleluia éternel de la Pâques du Christ ressuscité pour nous.

« Chrétiens deviens, ce que tu es… » Ayant reçu une vie nouvelle que personne ne pourra nous ravir, puissions-nous nous en émerveiler toujours dit une très belle oraison du Missel Romain.


Résurrection ou supercherie ?

Éditorial de « Vie chrétienne en gapençais »   -  Avril 2018

Le tombeau de Jésus

Père Jean-Dominique DUBOIS


Le film L’enquête, récemment sorti en salle, pose assez bien la question cruciale de la Résurrection, donc du rapport entre la foi et la raison, rapport entre la tête et le cœur. Affirmation centrale de notre foi chrétienne, la résurrection est malheureusement en berne parmi les français, même parmi les catholiques, comme en témoigne pour une part l’extension de la crémation (qui n’est pas interdite par l’Église). 

« Celui que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité » Ac 1, 23-24 proclame  Pierre Apôtre, premier Pape, au matin de la Pentecôte. Quelques pourcents seulement de catholiques y croiraient et beaucoup préfèrent croire en la réincarnation, opposée à notre foi, ou ne plus croire en rien du tout. 

Le journaliste américain dans le film L’enquête va courir auprès des meilleurs spécialistes pour trouver toutes les raisons de démontrer que la résurrection du Christ est impossible. Le pauvre homme se heurtera à des réponses des plus rationnellement audibles, non pour prouver rationnellement la résurrection mais pour aboutir au fait qu’elle n’est pas rationnellement destructible. L’amour fidèle de sa femme aura le dernier mot, car l’amour ne se prouve pas. L’amour s’éprouve. 

Si donc la foi en la résurrection est si peu vivace parmi les chrétiens de chez nous c’est sans doute que l’amour parmi nous s’est refroidi... Haut les cœurs chers amis ! Nous avons un héritage incorruptible en la personne de Jésus Christ mort et ressuscité pour nous. La vie éternelle nous est promise gratuitement pourvu que nous empruntions les chemins de l’amour, celui du don de soi jusqu’au bout. « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à l’extrême » Jn 13, 1 dit Jean l’évangéliste à propos de Jésus. Après une vie de labeur apostolique le Père Jacques Hamel persévérait dans la foi et l’offrande cachée de lui-même, comme tant d’autres prêtres en France alors que si peu de fidèles présents viennent aujourd’hui à l’Eucharistie. Le Colonel Arnaud Beltrame a livré sa vie en échange d’un otage, geste qui dépasse son devoir de soldat bien qu’il s’y inscrive pleinement.

L’Amour est don, il n’est que don. Il ne peut s’acheter ni par de l’argent, ni par un quelconque commerce, surtout pas celui où l’on pourrait tuer l’infidèle pour gagner le ciel. « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Mt 25, 40 L’Amour donne et se donne pour que la vie circule, non pas la mort. La mort qui prend la vie de Jésus est morte sur la croix. Le don du Christ par son poids infini d’amour a été plus fort que toutes les forces de mort.  Celles-ci, s’habillant parfois sous de faux habits de lumière, prétendent prendre la vie plutôt que de la recevoir ou de l’échanger en un pur acte d’amour qui ouvre sur l’infini.

« Celui que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité. » La résurrection est la réponse du Père au don du Fils, car la Trinité Sainte n’est que communion d’amour où chacun se donne à l’autre sans jamais se posséder. Être chrétien c’est croire que notre vie donnée et offerte en sacrifice d’amour, que ce soit au goutte à goutte du quotidien, dans l’offrande croyante ou dans un acte héroïque, ne peut se perdre que dans l’amour qui ressuscite tout et met en communion la création toute entière dans le Christ ressuscité.

Ainsi le journaliste de L’enquête est tout pauvret au terme de son travail d’investigation. Une infirmière noire, chrétienne, a sauvé la vie de son enfant en arrachant l’enfant de cet incroyant à l’étranglement mortel d’un bonbon. L’épouse du journaliste est née à la vie chrétienne à partir de ce don inattendu et bouleversant de cette femme, soignante et croyante. Et le journaliste, furieux que Dieu lui « prenne » sa femme, de nier encore la force du don gratuit plus fort que la mort. Le mari incrédule sera vaincu par le don gratuit de l’amour fidèle de son épouse malgré toutes les misères que sa non foi et son enquête vont causer à la mère de son enfant.

« Christ est ressuscité, oui, il est vraiment ressuscité » Quelle joie !

Le croyons-nous vraiment afin d’accepter de livrer notre vie à l’exemple de celui que nous célébrons chaque dimanche ? Se livrer entièrement, gratuitement, sans espoir de retour, dans la seule attente que le Christ ressuscite en nous, avec nous, pour tous ?

« La paix soit avec vous. » Jn 20,21

aie© Fr. Jean-Dominique 2017